8 février 2010

Conférence de Mr. Serge Tisseron

Enfants sous influence … L’impact des images et les moyens de la prévenir”

Lundi 08 février - 11h45
Collège Universitaire de Saint-Boniface
Salle académique- 1531

(200, avenue de la Cathédrale - Saint-Boniface)

 Entrée gratuite
La conférence sera précédée d’une légère collation à 11h45

Mr. Serge Tisseron

Issu d’un milieu modeste, Serge Tisseron a toujours eu à cœur de s’intéresser à la « sous culture », comme la bande dessinée, les graffitis ou les séries télé et à utiliser des termes simples qui puissent être compris par tous - ce qui lui a permis d’écrire plusieurs best-sellers.

Il compte à ce jour une trentaine d’ouvrages personnels dont deux primés (Prix du Livre de télévision en 2002 pour son ouvrage l’intimité surexposée et prix Stassart de l’Académie des Sciences Morales et Politiques en 2003 pour son ouvrage Le bienfait des images) et a participé à une cinquantaine d’ouvrages collectifs. Il est régulièrement consulté par les ministères, pour des enquêtes réalisées en France sur les effets des images violentes sur les jeunes.

Après un baccalauréat en philosophie, il prépare l’Ecole Normale Supérieure en section littéraire où il découvre alors les poètes surréalistes et décide de devenir médecin psychiatre. De 1978 à 1997, Serge Tisseron exerce les fonctions de psychiatre hospitalier, puis enseignant en psychologie à l’Université Paris VII. Il est actuellement Directeur de recherches à Paris X-Nanterre.

Il s’est fait connaître en découvrant un secret dans la famille de Hergé à partir de la seule étude des albums de Tintin, plusieurs années avant que la biographie de cet auteur ne soit connue et ce secret confirmé (Tintin chez le psychanalyste, 1985). Serge Tisseron a publié le premier ouvrage français entièrement consacré à la honte (La Honte, psychanalyse d’un lien social, 1994) et a été l’un des premiers à analyser les effets pathogènes des secrets sur plusieurs générations (Secrets de famille, mode d’emploi, 1996).

A l’époque où la psychanalyse ignorait la bande dessinée et le cinéma, et où les sémiologues ne s’intéressaient qu’à la construction des images, Serge Tisseron a également posé les bases d’une théorie de la réception qui fait une grande place au corps (Psychanalyse de l’image, des premiers traits au virtuel, 1995). Puis il a interrogé les relations particulières que nous établissons avec la bande dessinée, la photographie (Le Mystère de la chambre claire en 1995), la télévision (L’intimité surexposée consacré à la téléréalité en 2001) le cinéma (Comment Hitchcock m’a guéri en 2003) et les écrans d’ordinateur (Virtuel, mon amour en 2008).

Conférence

« Enfants sous influence… L’impact des images violentes et les moyens de la prévenir »

Alors que les images violentes se définissent par leur contenu objectif, la violence des images concerne leur pouvoir de malmener un spectateur à un moment donné, et cela quelle qu’en soit la raison : caractère violent du contenu des images, réveil d’un traumatisme personnel, montage stressant ou semant la confusion.

Confronté à des images qui lui font violence, chacun (enfant comme adulte) tente de reconstruire ses repères en utilisant trois moyens complémentaires : le langage, la construction de ses propres images (mentales ou matérielles) et la sensori-motricité, particulièrement chez l’enfant. Ces moyens lui permettent de prendre du recul par rapport à ce qu’il a ressenti, pensé et imaginé. Ils nécessitent dans tous les cas la présence d’un tiers.

En cas d’échec, le spectateur réagit de trois façons différentes en fonction de son histoire et de son environnement : certains trouvent dans les images violentes une justification à employer eux-mêmes la violence pour régler les problèmes de leur propre vie, d’autres craignent d’en être victimes, et d’autres enfin développent des réflexes constructifs et réparateurs.

Le paysage audiovisuel violent ne crée pas ces profils, mais il les enkyste. Il ne rend pas les jeunes plus violents, mais pousse à l’extrême le profil psychologique de chacun d’entre eux, qui se pense alors toujours comme agresseur, victime ou redresseur de torts. C’est de cette façon que ce paysage contribue à un accroissement de la violence, notamment en milieu scolaire.

Une prévention est possible. Elle passe par les parents et les éducateurs, mais aussi par l’organisation de jeu de rôle dans les écoles, réalisé par les enseignants auprès des enfants les plus jeunes. L’expérience montre en effet que cela leur permet de se dégager de la place d’agresseur ou de victime dans laquelle un trop grand nombre d’entre eux s’installe de plus en plus tôt.

Liens vers Serge Tisseron :

http://www.canalacademie.com/La-television-alimente-t-elle-l.html?var_recherche=Serge%20Tisseron
http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/01/06/serge-tisseron-l-addiction-aux-jeux-video-est-rare_1138448_651865.html
http://www.monde-diplomatique.fr/2001/12/TISSERON/15959
http://www.lefigaro.fr/conso/2008/03/22/05007-20080322ARTFIG00030-serge-tisseron-le-rendez-vous-des-bienfaiteurs-et-des-gogos.ph >

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Odette Lours / Coordinatrice culturelle / culturelst@afwpg.ca

Jules Rocque / Président de l’ACFAS / jrocque@ustboniface.mb.ca

« Cette tournée est organisée par la Délégation Générale de l’Alliance Française aux Etats-Unis, en partenariat avec la Radio des cinq académies de l’Institut de France (Canal Académie) » 

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